Les potherbes

Le potager médiéval :

Les potherbes sont les plantes couramment utilisées dans les potées ou potages paysans. Elles constituent, avec le pain, la base de l’alimentation médiévale au quotidien.

La blette et le poireau sont les potherbes de base. On peut également citer les choux, les cardons, et toutes les plantes de la famille de l’épinard, dont l’arroche, le chénopode ou l’amarante sauvage, ainsi que d’autres plantes plus improbables comme la bourrache, dont les feuilles entraient souvent dans la composition des porées. L’oseille peut être considérée aussi bien comme une plante aromatique que comme une potherbe.

La soupe, qu’on appelle aussi potage, porée, potée, poirée, est en réalité un hachis d’herbes et de légumes verts, dont la composition varie en fonction de la classe sociale, que l’on cuit longuement dans un chaudron posé ou suspendu sur un lit de braises.

Le mot « porée » est dérivé du latin porrum qui signifie aussi « poireau ». Le terme « porée » ou « poirée » désigne également la blette.

Liste des potherbes

Cette liste se base sur le Capitulaire de Villis de Charlemagne et plusieurs autres sources…

Nom communNon scientifiqueFamille
Arroche des jardinsAtriplex hortensisChenopodiaceae
Amarante sauvageAmaranthus blitumAmaranthaceae
BletteBeta vulgarisChenopodiaceae
Bourrache officinale Borago officinalis Boraginaceae
CardonsCynara cardunculusAsteraceae
Chénopode blancChenopodium albumChenopodiaceae
Chénopode Bon-HenriChenopodium bonus henricusChenopodiaceae
ChouxBrassica oleraceaBrassicaceae
EpinardsSpinacia oleraceaChenopodiaceae
OseilleRumexPolygonaceae
PoireauxAllium porrumAlliaceae
Publié dans Cuisine, Potager médiéval | Marqué avec , , , | Laisser un commentaire

Comment récolter les graines de laitues

Récolter ses propres graines est toujours intéressant, d’un point de vue économique, bien sûr, mais également pour faire des échanges avec d’autres jardiniers, ou tout simplement pour améliorer vos variétés en les acclimatant à votre terroir, génération après génération.

Peut-être avez-vous quelques laitues qui ont commencé à monter pendant l’été? C’est l’occasion ou jamais de récolter vos semences!

Pour en savoir plus, n’hésitez pas à visionner la vidéo:

Publié dans Jardin | Marqué avec , , | Laisser un commentaire

Recette et préparation de l’hypocras

L’hypocras est une boisson médiévale à base de vin, sucrée au miel et aromatisée d’herbes et d’épices.

Cette boisson était connue dans toute l’Europe médiévale, où on l’a d’abord appelée « claret » ou « piment ».

La légende attribue son invention au médecin grec Hippocrate qui vécut au Vème siècle av. J.-C., mais en réalité, le nom d’hypocras se rencontre pour la première fois au milieu du XIVème siècle. Certains y voient un hommage à Hippocrate, mais il est plus probable que ce nom vienne du grec: « hypo » signifiant « inférieur », et « kras » signifiant « vin », ce qui pourrait désigner un vin de qualité médiocre retravaillé. En effet, l’usage d’épices, en plus d’apporter de la saveur, était aussi une façon de masquer le goût douteux d’un vin de mauvaise qualité ou oxydé. En effet, au Moyen-Âge, on buvait essentiellement du vin de l’année, car il se conservait mal. Un vin quelconque sucré au miel et saturé d’épices se conservait beaucoup plus longtemps, ce qui faisait considérablement augmenter son prix. De nombreux traités anciens de cuisine proposaient des astuces pour donner une « deuxième vie » aux aliments et boissons : le Mesnagier de Paris contient des recettes à cet effet, ainsi que plusieurs versions d’hypocras, dont certaines sont appelées « clairets ». On trouve également des recettes d’hypocras dans le viandier de Taillevent.

L’hypocras est donc un vin fortement sucré avec du miel, à raison d’environ 100 grammes par litre, auquel on ajoute des épices et éventuellement des herbes aromatiques. On laisse alors infuser la préparation pendant une durée allant de quelques heures à plusieurs jours, selon si on souhaite obtenir un vin légèrement parfumé ou très aromatisé. La préparation sera ensuite filtrée avant d’être mise en bouteille. L’hypocras peut ainsi se conserver plusieurs années tant que la bouteille n’est pas entamée.

Il existe de multiples manières de préparer l’hypocras. Les sources médiévales manquent de précision, mais la cannelle et le gingembre sont indispensables. Les autres plantes aromatiques et épices sont facultatives et en proportions variables. Le fait de devoir, ou non, chauffer le liquide est débattu. A noter que si on chauffe le vin, il perdra sa teneur en alcool.

Mélanger le vin avec le miel dans un récipient qui peut être fermé avec un couvercle, jusqu’à ce que le miel soit dissout dans le vin. J’ai choisi de ne pas faire chauffer le mélange pour que le vin conserve sa teneur en alcool. D’autre part, il n’est pas bon de faire chauffer le miel à haute température. Quand on ne chauffe pas le mélange, c’est plus long de diluer le miel dans le vin, et les épices doivent infuser plus longtemps, mais chaque ingrédient conserve ses propriétés, et à mon avis, c’est préférable. Ajouter ensuite les épices, fermer le couvercle et laisser infuser dans un endroit frais à l’abris de la lumière. Plus vous laisserez infuser longtemps, plus votre hypocras aura de goût, le minimum étant quelques heures (au moins 4 à 5h). Il n’y a pas vraiment de durée maximum conseillée, ça peut aller de quelques jours à plusieurs semaines selon les recettes. Pour ma part, j’ai décidé de laisser reposer 48h avant de goûter pour ajuster. La dernière étape sera la filtration du brevage obtenu, et sa mise en bouteille.

L’hypocras est un apéritif, mais aussi un digestif. Il était également utilisé comme remède par les apothicaires. On lui reconnait des propriétés digestives et aphrodisiaques, ce qui le firent interdire dans les monastères.

Publié dans Cuisine | Marqué avec | Laisser un commentaire

Associer fleurs et légumes au potager

Quels sont les avantages à associer fleurs et légumes au potager ?

On a trop souvent tendance à vouloir séparer le jardin d’ornement du potager, alors que ces éléments fonctionnent beaucoup mieux ensemble ! Avoir des fleurs au potager, c’est évidemment très agréable d’un point de vue esthétique, mais on peut également y trouver de nombreux avantages ! Les fleurs mellifères attirent les insectes pollinisateurs, qui sont indispensables à une bonne pollinisation de nos légumes. Elles attirent également certains insectes auxiliaires ou repoussent certains insectes dits « nuisibles » ou « ravageurs ». D’autres sont utiles pour lutter contre les adventices ou contre certaines maladies, agissant comme une véritable pharmacie naturelle au potager. Je vous propose donc de découvrir les bonnes associations entre fleurs et légumes.

Bourrache, soucis, pavots de Californie

Quelles fleurs installer au potager ?

La Bourrache et la Phacélie sont pour moi les championnes pour attirer les insectes pollinisateurs. Cette année, je vais également ajouter des Cosmos, également très mellifères.

Les célèbres Oeillets d’Inde, nématicides naturels, repoussent les nématodes et les aleurodes des racines des tomates, raison pour laquelle on les associe traditionnellement à cette culture. Ils auraient aussi la faculté d’éloigner les altises, les pucerons et pas mal d’autres insectes. Ils sont également connus pour renforcer la vigueur des légumes. Une formidable plante compagne, donc, à installer un peu partout au potager.

Les Soucis font partie des toutes premières fleurs que j’ai installé au potager. Esthétiques, peu contraignants, les soucis s’adaptent à toutes les conditions de culture, demandent peu de soins et se ressèment d’année en année, sans intervention de votre part. Les Soucis attirent les syrphes, insecte pollinisateur dont les larves ne nourrissent de pucerons. Ils auraient également la faculté de repousser les mouches blanches, les pucerons, les doryphores (qui n’apprécient pas non plus les fleurs de Lin), les altises et la piéride du chou. Les pétales de soucis sont comestibles, on peut les utiliser en salade ou les faire sécher et les utiliser pour colorer le riz, comme on le ferait avec du safran.

La Capucine est connue pour attirer les pucerons : on dit qu’ils préfèrent envahir les Capucines plutôt que les légumes ! Je ne l’ai pas vraiment personnellement constaté au potager, mais d’autres jardiniers ont confirmé cette information. La Capucine attire aussi les coccinelles, grosses mangeuses de pucerons. La variété naine aurait également une action anti-mildiou très intéressante pour les tomates… Les fleurs et les feuille de Capucine sont comestibles.

La Bourrache, on l’a déjà dit, est une grande mellifère qui plaît beaucoup aux insectes pollinisateurs ! Ce n’est pas sa seule qualité. Sa forte racine pivot s’enfonce profondément dans le sol pour y chercher des nutriments. Lorsque la Bourrache arrivera en fin de cycle, ses parties aériennes, en se décomposant au sol, restitueront ces précieux nutriments, les rendant ainsi disponibles pour les plantes alentour. Enfin, cette forte racine pivot a une action mécanique sur le sol qu’elle va efficacement décompacter. Les fleurs de Bourrache sont comestibles et font merveille dans les salades.

Bourrache

Le Myosotis est censé se re-semer tout seul, comme toutes les fleurs précédemment citées, mais chez moi, pas de semis spontanés avec cette jolie petite fleur bleue. On peut l’installer au pied des framboisiers, son odeur aurait la particularité d’éloigner le ver du framboisier !

La Phacélie, grande mellifère, est également connue comme engrais vert. Sa croissance rapide et son feuillage abondant étouffent les adventices alentours qui ne parviennent pas à se développer sous son feuillage, faute de lumière. Elle produit une abondante biomasse qui peut être utilisée en paillage après avoir été fauchée. Elle se ressème toute seule et remporte un succès incomparable auprès des pollinisateurs.

Phacélie

Le Tournesol est une autre plante très intéressante au potager. Esthétique, mellifère, ses grandes tiges très solides peuvent servir de tuteur aux haricots grimpants. Si vous ne récoltez pas les graines, elles nourriront les oiseaux tout l’automne, ils en raffolent ! Et s’ils font tomber quelques graines au sol, il n’est pas rare que les Tournesols se ressèment et repoussent spontanément l’année suivante.

Le Pavot de Californie appartient à la même famille que les Coquelicots. Ils produisent un pollen très apprécié par les insectes pollinisateurs et se ressèment spontanément au potager. Les fleurs peuvent être utilisées en infusion pour lutter contre l’insomnie.

Pavot de Californie

Télécharger l’article au format PDF

Publié dans Jardin | Marqué avec , , , , , | 2 commentaires

Mes variétés de tomates pour 2019

On me l’a beaucoup demandée en commentaires des vidéos et pendant le premier live de la saison: la liste des variétés de tomates que je vais cultiver cette année au potager.

Je précise que cette liste ne représente pas la totalité des variétés que je possède à la suite des échanges de graines et des achats de 2018, mais compte tenu de la place dont je dispose, il a fallu faire des choix…

J’ai donc sélectionné 30 variétés, les autres seront cultivées l’année prochaine.

Alice’s DreamAnanasAnna Russian
Blushing Bride Caro Rich Charlie’s Green
Copia Eva Purple Ball Goliath
Green Zebra Grushovka Hillbilly Potato Leaf
Kozula 24 Kozula 141 Lava Flow
Moya VerteNoire de CriméOrange Icicle
Orange QueenPaul RobesonPeppermint
Perla MalopolskiPiombinoPiprakujuline Tribuline
Purple CherokeeRomaSunrise Jazz
Tschornoya StrasjWillard WynnZalais Pipartomats
Publié dans Jardin | Marqué avec , , , , | Un commentaire

Faire germer les pommes de terre

Les pommes de terre peuvent être cultivées en primeur ou pour la conservation.

Les pommes de terre primeur sont des variétés précoces cultivées tôt dans la saison et récoltées avant complète maturité. Les tubercules sont alors de petite taille, particulièrement goûteuses, avec une peau fine qui se détache facilement sous les doigts. On peut les consommer sans les éplucher. Elles doivent être consommées rapidement après la récolte car elles ne se conservent pas plus de quelques jours. Traditionnellement, les pommes de terre primeur sont plantées à la St Joseph, le 19 mars, sous protection (tunnel, serre…)

Les pommes de terre de conservation sont cultivées jusqu’à maturité: on les récolte lorsque le feuillage a complètement jaunit. Elles se conservent plusieurs mois. Traditionnellement, on plante les pommes de terre de conservation à la floraison des lilas.

La façon de faire germer les pommes de terre dépend du mode de culture que vous aurez choisi. Pour en savoir plus:

Publié dans Jardin | Marqué avec , , , , , , | 4 commentaires

2ème semis de poivrons/piments

Aujourd’hui, on fait une deuxième tournée de semis de poivrons/piments, avec une méthode de germination un peu spéciale, qui devrait vous rappeler quelques souvenirs d’enfance!

Publié dans Jardin | Marqué avec , , , , , | Laisser un commentaire

Suivi des semis précoces

Aujourd’hui, petit suivi des semis précoces de poivrons, piments et aubergines effectués début Janvier. Ont-ils levé? Ont-ils filé? Pourquoi et comment y remédier?

La réponse est dans la vidéo!

Publié dans Jardin | Marqué avec , , , , , , , | Laisser un commentaire

Mes variétés de courges pour 2019

A la suite d’une question qui m’a été posée au cours du dernier live, je vous présente les variétés de courges que je prévois de cultiver au potager pour la saison 2019.

Publié dans Jardin | Marqué avec , , , , , | Laisser un commentaire

Faire ses plants de patate douce

Aujourd’hui, je vous montre comment je prépare mes futurs plants de patates douces pour les cultiver au potager une fois que les risques de gelées seront écartés.

Comme le processus est assez lent, il est important de commencer tôt, dès maintenant!

Publié dans Jardin | Marqué avec , , , | Laisser un commentaire